Recentrage sur les missions de base définies par sa charte et achèvement des opérations en cours: pour le Parc naturel régional du Morvan, 2010, année de son quarantième anniversaire, sera une année de « remise à niveau ». Contraintes financières obligent. Réuni à Saint Brisson mercredi 15 octobre, le Comité syndical du Parc, assemblée des représentants des communes et collectivités territoriales situées dans son périmètre a approuvé les orientations budgétaires proposées par son président, Christian Paul, qui a appelé élus et équipes à « être imaginatifs » pour surmonter les difficultés annoncées.
Le Parc souffre principalement d'une quasi absence de capacité d'autofinancement en raison d'un déséquilibre « structurel » entre ses charges de « fonctionnement courant » nécessaires pour remplir les missions définies dans sa charte (Agir pour les patrimoines culturels et naturels; Soutenir la dynamique économique dans le respect de développement durable; Développer un territoire vivant et solidaire) et ses recettes statutaires que sont les dotations de ses membres, communes, Conseils généraux et régional, augmentée de la participation de l'État (ministère de l'Écologie) et de ses recettes propres.
Les charges de « fonctionnement courant » sont principalement des charges de personnel: le Parc emploie au total 44 personnes, dont 28 au titre de ce « fonctionnement courant » et 16 pour les missions spécifiques et ponctuelles, auxquelles il faut joindre 4 emplois d'encadrement des chantiers d'insertion et 16 contrats aidés dans le cadre de ces mêmes chantiers d'insertion.
La situation est aggravée par le gonflement des frais financiers (45.000 € en 2009) liés aux frais de trésorerie engendrés par le décalage, qui peut aller jusqu'à deux ans en ce qui concerne l'Europe, entre l'engagement des dépenses sur certaines opérations et le versement des contributions.
Pour permettre de retrouver cette capacité d'autofinancement et la souplesse de trésorerie indispensables au lancement de nouveaux projets, les dirigeants du Parc vont donc devoir en même temps réduire les dépenses et convaincre les contributeurs à augmenter leurs dotations, ou même, dans le cas du département de l'Yonne, de verser la totalité de la dotation prévue (en 2009, l'Yonne n'a versé que 50.000€ sur les 100.000€ escomptés). Le projet de budget 2010 table donc sur une diminution de 0,5% des dépenses obligatoires (estimées à 1,8 M€) et une augmentation de 2% des contributions des membres du syndicat mixte. Le budget global du Parc ne se limite cependant pas à ce "fonctionnement courant": avec le montant des actions financées à 100% (Life ou Leader par exemple) et les chantiers d'insertion il avoisine les 5 millions d'euros.
Les priorités d'actions 2010
Dans ce contexte, le programme des actions prévoit de mettre en oeuvre les priorités suivantes:
- programme Leader au service des productions et savoir-faire du Morvan, notamment en ce qui concerne la commercialisation (boutiques, comptoirs, circuits locaux);
- l'accompagnement des professionnels du tourisme, agriculteurs, artisans, forestiers, dans les démarches de développement durable (marque Parc, certification, agriculture biologique);
- l'aboutissement du plan de développement touristique du massif du Haut Folin;
- la réalisation de la deuxième phase de la Grande Traversée du Morvan à VTT (Saulieu - Autun);
- un accompagnement renforcé des collectivités et des habitants du Parc en faveur des économie d'énergie, du recours aux énergies renouvelables et de la limitation des émissions de gaz à effet de serre;
- la poursuite du programme « Morvan pour Tous » au service de l'accessibilité du territoire;
- la mise en oeuvre, dans le cadre du programme triennal 2010-2012 du « centre culturel en réseau » (mise en réseau des acteurs, développement d'une culture numérique (muséographie numérique, multimedia au service de la création, centre de ressources sur le patrimoine);
- contractualisation sur les programmes de préservation de la ressource en eau avec l'Agence de l'eau Loire Bretagne pour le Sud Morvan (le nord Morvan a déjà contractualisé avec l'Agence de l'eau Seine-Normandie);
- les 40 ans du Parc.
Les 40 ans du Parc
Pour les actions auxquelles le Parc apportait, sans y être « contraint » par sa charte, un complément de subvention afin de leur permettre d'émerger (Les cafés Margot par exemple), rien n'est encore décidé. C'est là qu'il sera sans doute fait appel à « l'imagination » des acteurs pour éviter des « coupes » purement comptables. Mais il est probable que le Parc se tournera vers ses partenaires, Communautés de communes notamment, afin qu'ils prennent le relais.
Dans ce contexte, le Parc engagera également des efforts pour mieux faire connaître aux populations et aux élus les actions qu'il développe en leur direction et les capacités en ingénierie qu'il peut mettre à la disposition des collectivités. Le quarantième anniversaire de la création du Parc pourrait en être l'occasion puisque l'idée d'une « célébration » dans chaque commune ou communauté de communes, a été émise par Christian Paul.
C'est peut-être aussi vers ces mêmes partenaires que le Parc va devoir se tourner pour tenter de sauver les chantiers d'insertion qui accomplissent, sur sa partie nivernaise, des missions d'entretien des espaces naturels (entretien des captages, chemins ruraux et de randonnée, berges de rivières, lac des Settons, bûcheronnage au Beuvray etc.). Les baisses des crédits, accordés par l'État au titre du Fonds Social Européen et par le Conseil général de la Nièvre mettent en péril ces chantiers, à la fois nécessaires au territoire et socialement utiles en ce qu'ils permettent un retour à l'emploi de personnes qui en étaient éloignées depuis longtemps. Christian Paul a lancé un appel à l'État représenté par Colette Vallée, chargé de mission développement durable au SGAR (secrétariat pour les affaires régionales) et au Conseil général de la Nièvre pour qu'ils révisent leur position. |
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