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Maine et Maizières: plaidoyer pour des sources oubliées, des eaux perdues
Écrit par Michel Cossard   
Mardi, 18 Janvier 2011 16:26

Maine et Maizières: plaidoyer
pour des sources oubliées, des eaux perdues

Texte et photos Michel Cossard

Michel Cossard recevant des visiteurs dans la préfiguration du Musée de la Mine et des Mineurs du Morvan, à La Celle en MorvanPromoteur d'un projet de musée des mines et des mineurs de la fluorine du Morvan, minéralogiste et géologue, Michel Cossard a exhumé, le 5 novembre 2010 au cours d'une conférence suivie par une centaine d'habitants passionnés à Igornay, le souvenir de la découverte accidentelle, en 1975 d'une source hydrothermale au cœur de la mine de Maine.
Une source à nouveau « disparue » depuis l'arrêt de l'exploitation. Pour Gens du Morvan, il revient aujourd'hui sur cette découverte dans une étude extrêmement documentée et pose la question d'une éventuelle exploitation de ces eaux chaudes richement minéralisées qui s'apparentent à celles qui surgissent, de Saint-Honoré à Santenay, Fontaines Salées ou Bourbon, sur tout le pourtour du massif morvandiau.

La Source de Maine (photo Michel Cossard)

Le gisement de fluorine de Maine, situé sur les commues de Reclesne, de Cordesse et de Barnay a été exploité pour le spath fluor depuis 1962, cependant les prospecteurs étaient présents depuis 1958.
Avant de décrire la source qui fait l'originalité du gisement, faisons un tour d'horizon du site.

 

Le Morvan, l'une des plus importantes réserves mondiales de fluorine

Cet important gisement mis en valeur par la CFMU, aura livré près d'un million de tonnes de minerai, à teneur de 60% environ,la fluorine étant mise en valeur dans une usine de séparation par liqueur dense installée sur le site. Le produit destiné à la métallurgie est livré sous forme de « gravier » ayant une granulométrie de 25 mm à teneur de 65% environ. Les produits plus petits étaient vendus sous forme de sable à des usines qui le traitaient par flottation, pour obtenir un produit a 97% de pureté.
Plus de 600.000 applications utilisent au moins une molécule de ce produit, indispensable entre autre à la fabrication de l'aluminium, au combustible des centrales nucléaires à la chimie, la pharmacologie entre autres. Il serait trop long ici d'en faire une liste exhaustive, et ce n'est pas le sujet de cet article bien qu'il me semble nécessaire de situer les raisons de cette exploitation.
On notera cependant que ce minéral, dont le Morvan est richement pourvu au point d'en faire une des plus importantes réserves mondiales, fait partie aujourd'hui des ces minéraux /minerais dont l'approvisionnement pour l'Europe devient critique (http://www.ecoinfo.cnrs.fr/spip.php?article197 08/10/2010 )

Georges de Champeaux et la fluorine de Voltennes

Avant de présenter ces gisements il est nécessaire de présenter le minéral concerné . La fluorine ou spath fluor est un minéral connu depuis l'antiquité et n'a été utilisée qu'en décoration ou même comme produit de luxe par les romains puisqu'il servait a confectionner les célèbres vases murrhins, avec de la fluorine de l'Iran actuel.
La fluorine de Voltennes a été utilisée pour les balustres du grand escalier de l'Opéra de Paris, celle-ci ayant été offerte par Georges de Champeaux à l'architecte Charles Garnier (lire l'article : De la fluorine de Voltenne à l'Opéra de Paris – GdM 03/08/2010).
Le véritable essor de ce minéral a débuté avec le développement de l'ère industrielle. La première utilisation fut effectuée par les établissements Schneider au Creusot en 1861 avec de la fluorine de Voltennes, suite à des essais menés par Georges de Champeaux. Alors jeune ingénieur sorti de l'École des Mines de Saint-Étienne et employé aux mines de Commentry il ira ensuite aux établissements Schneider du Creusot.
Au vu des résultats obtenus, utilisant la fluorine comme fondant,Georges de Champeaux quitta les usines Schneider pour prendre en charge l'exploitation des carrières de Voltennes appelées aussi carrières de Castille (Castille, déformation du mot castine ?) afin de fournir en spath fluor ces mêmes usines, en 1863.

Le gisement et sa géologie

Cartes des filons et gisements de fluorine en Morvan. Voici posé l’environnement du sujet qui nous intéresse, il est  abordé ici la genèse de ces filons à fluorineLe Morvan actuel n'a pas toujours eu cet aspect paisible de montagnes arrondies, de forêts profondes de vallées souvent étroites et de prairies. Cet aspect bucolique masque une genèse compliquée, tourmentée dont témoignent aujourd'hui bien des carrières, dont certaines toujours en exploitation.
Il y a environ 350 millions d'années, deux continents sont en collision, le Gondwana passant sous la plaque Laurussia, les fractures provoquées par ce coulissement sur la partie mince de ce continent provoqueront la montée de magma et l'apparition de volcans, ainsi que de la chaîne Hercynienne qui balafre la France en V depuis la Bretagne, aux Vosges, en passant par le Massif Central ceci dans la mer qui le baigne, cette activité volcanique finissant par émerger.
A la fin de l'Autunien vers -270 ma de nouvelles phases tectoniques vont faire resurgir le Morvan, lui donnant l'aspect d'une montagne (phases saalienne et palatine) et amplifieront les cassures existantes, en créeront d'autres, points faibles par où passent et passeront tous les phénomènes géologiques qui nous intéressent aujourd'hui
Pénéplané au Trias inférieur par l'érosion et la mer qui le recouvrira, le Morvan sera exondé au Crétacé, et prendra son aspect actuel par contrecoup de la surrection des Alpes il y a de - 40 à-20 ma environ.
Il rejouera en horst par toutes ces anciennes cassures, qui sont autant de cicatrices de son histoire, comme on le voit sur cette carte du Morvan, du 26ème Congrès International de Géologie de 1980, qui recense les principaux gîtes de fluorine Morvandiaux.

L'exploitation de Maine

Vue aérienne de l’ensemble des travaux de l’exploitation de Maine.Les travaux recoupent les collines de la Montagne, au Sud du gisement, et du Bois d'Archeveau au Nord, parallèlement à une ancienne voie romaine d'Autun, à Arnay le Duc. Ces deux collines sont séparées par un thalweg, ligne de plus grande pente d'un vallon pratiquement toujours à sec.
On voit bien sur cette photo , au niveau des bassins de décantation, que l'eau ne manquait pas à Maine

L'eau, dans la mine commença à poser problème lors de l'avancement du niveau – 90 m

L'origine de la minéralisation est le remplissage de fractures restées ouvertes lors des différents mouvements tectoniques à l'origine du Morvan, fractures anciennes liées à la période de formation de la Pangée et plus récemment réouvertes, lors de la surrection en horst du Morvan, en contrecoup de la formation des Alpes.
Des circulations d'eaux hydrothermales d'origine profonde se sont chargées en fluorine, laquelle s'est déposée dans ces fractures ouvertes à une température d'environ 165°, et une profondeur estimée de 400/500 mètres sous une couche sédimentaire et une tranche d'eau de mer d'une  centaine de mètres, il y a de cela environ 190 ma.
La caractéristique des filons de Maine est la présence de très nombreuses fractures restées ouvertes, comblées parfois par des éléments venus de l'extérieur, sables grès, houiller du bassin d'Autun, argiles de décomposition de l'encaissant.Certaines de ces fractures sont aussi restées vides, emplies d'eaux, et même de superbes cristallisations de barytine.
L'exploitation a été gênée par ces vides, l'argile polluant le minerai dans l'usine de traitement, et certaines chambres d'exploitation en furent même abandonnées.
L'eau, dans la mine commença à poser problème lors de l'avancement du niveau – 90 m situé nettement sous le comblement par sable graviers galets du fond thalweg, situé peu au dessus du niveau de la galerie du – 55. C'est là que furent mises en évidence des sources insoupçonnées dont l'ancien exutoire n'était pas connu, et ne l'est toujours pas .Ces eaux furent utilisées dans l'usine pour le lavage du minerai.

Des eaux fortement minéralisées

Analyse de ces eaux effectuées par Mr Bouchind’homme et publiée dans son rapport de stage d’avril à juillet 1973Analyse effectuée lors du stage de M. Bouchind'homme, d'avril à juillet 1973. Les travaux d'approfondissement du puits étaient en cours du -55 au –90, et la galerie à ce niveau était avancée vers le nord du gisement lors du percement de ces géodes qui provoquèrent la première inondation de la mine. Les travaux de production étaient effectués à partir du flanc nord de la colline du Bois d'Archeveau.

Analyse effectuée lors des travaux de préparation de la thèse de M. Dominique Joseph en 1974.

 

Ouverture de trois sources

Ce sont pourtant les travaux d'avancement de la galerie d'exploitation du – 125 qui furent à l'origine de la « véritable » ouverture des sources, sources au nombre de trois.
L'exploitant connaissait, pour les avoir traversées au – 90, ces remontées d'eaux. A l'approche de la zone critique, des sondages étaient effectuées avant chaque volée (tir).
Les sondages étaient latéraux, ce qui permettait, par analyse des produits issus de la foration, de détecter ou situer un éventuel filon parallèle.
Le sondage en avancement permet quand à lui de détecter la présence éventuelle de vides, de poches d'eau, d'anciens travaux. La foration d'abattage se fait avec des fleurets, ou burins, d'un mètre soixante dix, et la reconnaissance se fait avec des fleurets de trois mètres ou plus.
Chaque forage latéral laissait échapper de l'eau, que ce soit à droite ou à gauche de la galerie, mais dans l'avancement au filon, rien ne s'écoulait. Les relevés topographiques indiquaient pourtant que l'eau devait être là ! Et pourtant rien.

La mine inondée par un flot

En désespoir de cause , la décision fut prise d'effectuer le tir. Les mineurs, MM. Dupasqier et Largy, s'éloignèrent jusqu'au poste de tir dans la galerie, quelques centaines de mètres plus loin, effectuèrent ce tir et repartirent vers la cage pour remonter au jour.
Ils virent arriver un ruisseau d'eau, entraînant avec lui caisses d'explosifs, morceaux de bois et autres divers débris. Ils ne se formalisèrent pas plus que cela, le percement de la poche devait se produire et ce n'était pas la première fois que cela se produisait.
Par contre l'exploitant s'inquiéta lorsque les pompes tombèrent en panne ainsi que le système électrique des galeries. L'équipe descendue pour vérifier ce qui se passait n'eut que le temps de faire remonter la cage quand les hommes s'aperçurent qu'ils avaient les pieds dans l'eau. Le tir avait crevé l'épaisseur séparant les fonds des trous de forage et la géode, la célèbre géode de la mine de Maine.
La pression de la hauteur d'eau entre les niveaux, 35mètres, 3,5 kgs par centimètre carré, agrandit le trou jusqu'à un déferlement d'eau dans les travaux.

La mine fut inondée, et cette fois ci pour plusieurs semaines, obligeant l'exploitant à exploiter en surface, pendant qu'il tentait de dénoyer la mine.
Des pompes furent installées sur la cage, laquelle s'enfonçait au fur et à mesure que le niveau baissait. Mais les pompes tombaient en panne, des pompes au débit insuffisant et vite corrodées par les eaux de la source. Du matériel fut acheminé de Montceau-les-Mines et des pompes résistant à la corrosion des eaux, eaux chaudes et sulfureuses vinrent d'Allemagne.
A quelle date se produisit cette inondation? En fait personne n'a su me le dire précisément. C'est une anecdote communiquée par l'épouse d'un mineur qui m'a permis de déterminer qu'à la Pentecôte, en mai 1975, les mineurs travaillaient à dénoyer la mine. Elle était venue avec ses filles sur le carreau de la mine voir leur père et elles avaient aperçu le grand directeur !


Et voici ce que découvirent les mineurs une fois la galerie dénoyée et le front de taille accessible
EauxMaineMCTapiscristallisationsCe tapis de cristallisations a fait rêver plus d’un collectionneur (et continue ) Photo Michel Cossard.

L'avancement de la galerie découvrit trois sources sur quelques dizaines de mètres.
Première géodeLa première géode fut percée à environ 400 mètres du puits Ce sont des rhomboèdres de baryte vert pâle pouvant être translucides. Les mineurs connaissaient la présence de cette source, ils l'avaient percée au - 90, mais où et quand allaient-ils la toucher ? Les sondages latéraux laissaient échapper de l'eau, tous, mais en avancement au filon, rien !Chaque forage était sec.

 

 

La barytine en sifflets de la deuxième source
Deuxième source


Deuxième géode, baryte en sifflets. Les dimensions de la géode sont les suivantes: du – 90 au – 125 il y a 35 mètres sur une longueur de 40 mètres environ et une largeur de 1,5 m à 2 m , ce qui donne 2800 m² de surface cristallisée et environ 5000 m3 d'eau qui noyèrent la mine. Les sondages de recherche de minerai retrouvèrent les remontées d'eaux au niveau – 160, ce qui porte à penser que la surface cristallisée est doublée .

Émanations de vapeurs sulfhydriques

La troisième source a été rencontrée une vingtaine de mètres plus loin. Une puissante ventilation y a été installée en raison des émanations de gaz sulfhydrique qui en proviennent. Ces eaux sont fortement minéralisées en chlore, sodium, fluor et lithium entre autres minéraux.

Les émanations de gaz de la source, des vapeurs sulfhydriques intoxiquant les mineurs, ajouté à la chaleur qui régnait dans la galerie, rendaient le travail très inconfortable.

Les pompes de 60 m3/heure refoulent l’eau en surface

Les pompes de 60 m3/heure qui refoulent l'eau en surface, bien visible le ventube gonflé qui assure la ventilation de la galerie pour évacuer les émanations de gaz sulfhydrique. Pour rappel l'eau qui sort pendant l'exploitation au niveau – 125 est à 32° et au débit d'environ 30 m3/heure.
A l'ouverture la température de l'eau était de 42°et le débit de 60m3 heure. Si la diminution du débit d'eau peut s'expliquer par la vidange de kilomètres de fractures en communication, il est plus difficile d'expliquer la diminution de température! Sauf à un mélange avec des eaux météoriques, provenant de l'exploitation (1600m de longueur).

L'origine de ces eaux

Eaux de Maine, l'origineCes eaux de Maine remontent le long de failles du bassin d'Autun et la salinité est envisagée provenant d'une couche de grès salifères à 600 m de profondeur (Communication orale par M. S.F. géologue à Maine). Les eaux s'écoulaient auparavant par le fond du thalweg, à une altitude d'environ 320 / 330 mètres.

A la lumière de travaux plus récents effectués par le BRGM, nous verrons que cette origine pourrait ne pas être la seule, et être bien plus profonde, et cela nous amène à la source de Maizières.

Photo de 2005 .Cet établissement fût fermé en début des années 1990, bien que des études pour développer ce site furent faites afin de le faire passer (1989) de 160 à 800 curistes par an.Il existe à l'époque un petit établissement thermal situé à Maizières, à 10 km de la mine, et dont le directeur paniqué est venu voir si le percement de la source de Maine pouvait tarir l'eau de son établissement (ce qui ne fût pas le cas malgré une différence de niveau, 350 pour Maizières et 252 au – 125 à Maine).
Carte situant les sites de Maine et de Mazières l'un par rapport à l'autre

Cicatrisations accélérées

Les compositions des eaux thermales de Maiziéres et de la source de la mine de Maine sont quasiment identiques et si les vertus de la source de Maine étaient identiques, ce seraient de grandes possibilités qui pourraient être exploitées.
Les mineurs rapportaient eux mêmes que le fait de se laver les mains dans l'eau de la source faisaient se cicatriser plus rapidement lles petiites blessures et que jamais ils n'avaient eu la peau aussi saine. Is ne se séchaient pas les mains d''ailleurs (communications orales).

Quelques indications thérapeutiques

Vertus Thérapeutiques eaux de Maizières

Maizières, l'histoire résumée

La source de Maizières est située à quelques kilomètres au sud d'Arnay le Duc, sur le territoire de la commune de Magnien, à environ 400 mètres au nord de Maizières proprement dit.
Cette source est très proche, une soixantaine de mètres, de l'Arroux qui coule en contrebas. Elle est aussi à proximité immédiate de la voie romaine, qui menait d'Autun à Arnay le Duc.
Depuis toujours les animaux venaient boire à cette source aux eaux salées, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention des romains, lesquels s'y intéressèrent et la mirent en valeur.
Lors de la redécouverte de cette source en 1888, par M. Communaux de nombreux vestiges, débris antiques, pièces de monnaie, poteries, y furent découverts, attestant ainsi l'ancienneté de l'utilisation de cette source aux eaux salées.
En avril 1890, Georges de Champeaux, l'exploitant de la fluorine de Voltenne, fit une communication à la Société Eduenne, comme quoi « elle était fréquentée par les ramiers et les tourterelles qui venaient chercher au milieu des marécages le sel que l'eau avait laissée en s'évaporant »

L'établissement thermal de Maizières aujourd'hui abandonné et à sa belle époque

Un ruisseau qui ne gelait pas pendant l'hiver

On peut déjà, sur ce descriptif très succinct de la source, faire quelques constatations .
- La première est que les eaux de Maine ne semblent pas avoir été connues des Romains malgré la proximité de la même voie romaine qui passe environ 300 mètres des filons de Maine;
- La fluorine par ailleurs ne semble pas non plus avoir été remarquée, ou alors ne les a pas intéressés. (Pour plus d'informations sur la source de Maizières vous pouvez vous rapprocher de l'association des Amis du Pays d'Arnay, Centre social, 21230 Arnay-le-Duc.)

La mémoire locale n'a pas semble-t-il connaissance de sources salées qui auraient attiré les animaux, et par voie de conséquence, l'attention des hommes.
Ceci malgré les nombreux points d'eau sur le versant des collines de la Montagne et d'Archeveau. Le seul indice aujourd'hui,est le petit étang dans le parc du château de Maine. Cet étang avait été mis à sec lors des travaux d'exploitation de la mine, et il n'a retrouvé son niveau qu'à l'abandon des travaux de celle-ci. Est-ce un exutoire de la source profonde ou est-ce que la profonde saignée des travaux avait drainé les eaux météoriques vers les pompes de la mine ? .Un autre point a signaler est la grosse mare à droite du chemin qui mène de la mine à l'ancienne voie romaine au lieu dit Les Fourneaux , mare qui est dans l'axe du thalweg.
Une information m'a été communiquée par un visiteur à la Celle-en-Morvan en octobre 2010: il se souvenait parfaitement, enfant, et habitant Cordesse, connaître un ruisseau, situé a mi-chemin entre Cordesse et la route départementale 26 , dans les prés, qui ne gelait pas en hiver, et dont l'eau était tiède lorsqu'on y plongeait la main. Ce pré est situé à droite d'un chemin qui mène de Cordesse à Maine du bas.
Un autre point qui pourrait expliquer la non découverte des eaux de la source de Maine est qu'en fait celles-ci s'écouleraient au fond du thalweg, empli de sédiments galets graviers, à une profondeur d'une trentaine de mètres, alors qu'à Maizières la source est sub affleurante à moins de deux mètres de profondeur. Mais peut-on être sur de cela, de cette non découverte par les romains?

Hypothèse de circulation des eaux de Maine, et de diverses sources thermales

Les eaux météoriques lessivent le massif Morvandiau par les nombreuses fracturations de celui-ci, et pour certaines pénétrant dans les failles profondes qui l'affectent circulent à proximité d'un pluton granitique profond riche en minéraux qui, dissous par ces eaux, se déposeront dans les failles. (Schéma d'après H G Carrat Académie du Morvan modifié)
Hypothese de circulation des eaux de Maine

Schema tectoniqueCe pluton a poussé le socle Morvandiau, le transformant en horst, en pente douce vers le bassin Parisien et aux pentes abruptes vers la Bresse, le Nivernais et le Charolais. Les anciennes cassures ont rejoué, les ajustements des terrains s'y sont produits et ces fracturations tantôt ouvertes tantôt fermées ont permis la circulation des ces solutions hydrothermales minéralisantes et des sources thermales du pourtour Morvandiau. (Schéma d'après thèse D Joseph 1974 / et HG Carrat Académie du Morvan).

Position des principales sources du pourtour du horst Morvandiau
Carte sources MorvanCarte des sources d'eaux chaudes autour du Morvan

Carte géologique Maizieres

Une interrogation subsiste quand aux valeurs de débit de cette source, valeurs suivant les auteurs, qui varient entre 7 m3/jour, et 15m3/heure à une température variable ,entre 11°C, et 16°C. Restons en donc aux valeurs mesurées par le BRGM: 6m3/heure au griffon de la source . Le rapport du BRGM suggère la réalisation d'un puits d'exploitation profond d'environ 150 à 200 mètres de profondeur pour isoler la source de toutes influences extérieures.
Dans ce cas de figure nous en serions au même niveau de profondeur que l'ouverture des sources de Maine, lesquelles ont rappelons-le, noyé la mine, et lesquelles avaient à l'origine un débit de 60m3/heure à 42°C.
Si on prend comme niveau de référence le niveau 350 pour Maizières, niveau souvent cité, ou le niveau 322, utilisé par le BRGM, nous arrivons pour le débouché du sondage d'exploitation, à une profondeur située entre les niveaux 200 et 122, alors qu'à Maine la source débouche au niveau 247, galerie du moins 125, et que les sondages l'ont retrouvée sous le niveau 212, dans le prolongement de la galerie du moins 160.

Un autre point commun, c'est le fait que ces eaux butent et remontent sur des filons, des failles, de fluorine à Maine, de microgranite à Maizières. Et les compositions des ces eaux, nous l'avons vu, elles sont très semblables sinon identiques.
Teneur en minéraux des eaux de Maine et Maizieres

La faisabilité, et les données économiques

Il est aisé de calculer la valeur de ces eaux à la vente, actuellement en janvier 2011 de 3€ le m3 à Autun, simplement en multipliant les débits par ce prix.
Les investissements nécessaires seraient de toute manière compensés par ces revenus, que ce soit pour les eaux de Maizières ou de Maine, seule la durée d'amortissement variant.
Un aspect important, surtout pour les eaux de Maine est l'utilisation, la mise en valeur des calories
contenues dans cette eau, ce qui permettrait d'en presque doubler la valeur.
Et puis n'oublions pas la possible exploitation des vertus thérapeutiques de ces eaux. Imaginons les panneaux d'entrée de ville, indiquant Autun les Bains (sourire).
Devant ce tableau idyllique, il faut cependant penser tout d'abord, à qui vendre, proposer ces richesses réelles, l'eau de qualité devenant de nos jours un bien de plus en plus précieux.
Ensuite évaluer les coûts des infrastructures, puits, pompages, distribution. Un point spécifique à Maine est le comblement des filons et carrières par des produits sensés être non polluants, c'est à vérifier, surtout au travers les bruits que colporte la rumeur.
Les seuls points de communication avec les anciens travaux, sont les trois sources au –125 étalées sur une trentaine de mètres, à 400 mètres du puits. Différents moyens, si nécessaire, peuvent les isoler de façon définitive de ces anciens travaux. Et un forage profond, ou même un puits, sera une garantie absolue de protection, comme préconisé par le BRGM, pour la source de Maizières.
La mise place des moyens de production étant effectués, l'eau qui s'écoule depuis des dizaines de millions d'années (on peut penser que ces écoulements datent au moins du rejeu en horst du Morvan il y a environ de - 40 à –25 MA) ne sera plus perdue et s'écoulera pour le plus grand profit des habitants de la région. Autun n'est qu'à une douzaine de kilomètres de Maine et Maizières à 4 kilomètres d'Arnay le Duc.
A un moment ou un projet de champ photovoltaïque prends naissance sur le site de Maine ce n'est pas une utopie d'étudier la faisabilité d'une telle exploitation de ces eaux. Intéresseront-elles un utilisateur, trouveront-elles un débouché. La question est posée.
C'était plaidoyer pour des sources oubliées, des eaux perdues.

Michel Cossard

Addenda: En continuant mes recherches, pour d'autres sujets, toujours sur la luorine, j'ai retrouvé une interview de l'ingénieur qui a dénoyé la mine, M. Maurice Marchand.
En fait la mine a été dénoyée avec une pompe Fligth, venue d'Allemagne, une pompe débitant 300 m3/heure, pompe qui avait été fixée sous la cage de la mine.
Compte tenu du débit mesuré par M. Marchand, et du volume des galeries creusées, il avait estimé le jour et l'heure auxquels la mine serait dénoyée. C'est arrivé, effectivement, à deux heures près.
C'est M. Marchand qui était dans la cage pour aller voir ce qui se passait, lors du noyage de la mine. Il m'a avoué être très content de voir que le système d'appel de remontée en urgence avait fonctionné lorsqu'il s'était aperçu qu'il avait les bottes dans l'eau. Il y a de quoi !

Pour plus d'informations sur la géologie du Morvan, visiter le site de Jacques Delfour: cliquer ici

 

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