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L'avenir de la forêt morvandelle: Vigilance face à l'intensification de la récolte forestière
Écrit par GdM   
Mercredi, 21 Septembre 2011 21:08

IGlacem Réunion Avenir de la Forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011ndustrialisation, intensification. Le thème a dominé l'ensemble des échanges lors de la seconde réunion sur l'avenir de la forêt morvandelle, organisée par par le GLACEM dans le cadre du Conseil Associatif et Citoyen du Parc naturel régional mardi 20 septembre à Saulieu.
Une industrialisation de la transformation du bois par de grosses unités qui inquiète ou, au minimum, interroge tous les intervenants en raison de l'intensification de la production forestière qu' impose son modèle économique. Avec, en filigrane, la crainte d'une dépossession d'un bien commun au profit d'une seule logique financière.


Glacem Reunion Avenir de la forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011Mais inquiétude ne veut pas dire résignation et « les combats que l'on ne mène pas étant perdus d'avance Â», comme l'a dit  Véronique Daniel éleveuse de chevaux à Bussières, la vingtaine de personnes installées autour de la table pour échanger et débattre ont montré qu'elles étaient déterminées à faire preuve d'une vigilance active pour en éviter les conséquences néfastes sur l'environnement et le cadre de vie

.Le thème directeur de cette réunion de Saulieu, inscrite dans la série de consultations des citoyens en amont de la révision de la Charte forestière du Parc du Morvan portait sur les pouvoirs d'intervention des habitants et des communes.

En présence d'Anne-Catherine Loisier, conseiller général maire de Saulieu et vice-présidente du Parc naturel régional du Morvan en charge des questions d'économie durable et donc de la charte forestière, les propositions d'encadrement, de régulation, de controles n'ont pas manqué.

Des propriétaires maîtres chez eux

Glacem Réunion Avenir de la Forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011Mais force est de constater que dans le cadre de la législation actuelle, les moyens d'interventions des citoyens sur la gestion des propriétés privées sont quasi-nulles.  

«  Pourquoi voudriez--vous qu'on oblige un propriétaire, à qui on demande de gérer comme il faut sa forêt, que ça soient les autres, qui ne sont pas propriétaires, qui lui imposeraient ce qu'ils trouvent bon pour sa forêt alors que l'ONF qui est propriété de l'état n'a même pas ces contraintes Â» résume dans une formule Xavier de Mauroy, administrateur du syndicat des propriétaires forestiers de Bourgogne, par ailleurs amoureux de sa forêt et favorable à une sylviculture raisonnée qu'il pratique sur son propre domaine de 169 hectares au peuplement constitué à 90 % de feuillus, mais extrêmement « sensible Â» sur la question des droits attachés à la propriété.

Certes, le CRPF qui contrôle les plans simples de gestion que doivent obligatoirement déposer les propriétaires de plus de 25 hectares demande, entre autres exigences, qu'il n'y ait pas de coupes à blanc supérieures à dix hectares.
Mais les témoins constatent que certaines coupes dépassent pourtant largement cette limite: «La loi forestière ne donne pas de limités aux coupes à blanc et si un propriétaire persiste dans sa démarche le CRPF ne peut pas refuser Â» indique Lucienne Haese, présidente d'Autun Morvan Écologie (AME) en donnant l'exemple de l'autorisation d'une coupe de 150 ha de feuillus débutée à La Gravelle dans la Nièvre. « Il ne faut pas croire que les propriétaires sont en dehors de la loi Â» ajoute-elle.

Glacem Réunion Avenir de la Forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011« De toute façon, ajoute Laurent Cottin, membre de la Confédération Paysanne lui même petit propriétaire forestier et adjoint au maire de Gien-sur-Cure, j'ai vu une coupe où des bandes de 10 hectares coupées à blanc étaient séparées de deux rangs d'arbres. Les propriétaires font ce qu'ils veulent Â».

Le droit de la propiété forestière pose aussi problème aux communes qui aimeraient pouvoir exercer un droit de préemption en cas de vente.
Adjoint au maire de Villers-en-Morvan, Patrick Brulé, déplore cette lacune de la loi. Proccupée après la découverte de la vente d'un domaine de 98 hectares sur la commune et des conséquences d'éventuelles coupes à blanc, la municipalité de Villiers souhaitait acheter les parcelles les plus en vue du village pour préserver le paysage. Mais celles-ci ont été vendues sans que la municipalité n'en soit informée, malgré l'offre qu'elle avait déposée.

Sensibilisation et la responsabilisation

Glacem Réunion Avenir de la Forêt du Morvan Saulieu Anne-Catherine Loisier 20.09.2011« Le Parc régional n'a aucun pouvoir réglementaire et aucun pouvoir de coercition Â» répond Anne-Catherine Loisier aux interpellations concernant l'action de l'Institution .
« Nos seuls outils, sont la Charte forestière et le Contrat forêt. Tout fonctionne sur la sensibilisation, la responsabilisation et la participation des différents acteurs Â» ajoute-t-elle, avouant qu'il s'agit d'un « travail de fourmi Â» obligeant à rencontrer chaque propriétaire et à traiter parcelle par parcelle mais qu'il porte ses fruits.

« Quarante contrats forêts, couvrant 1500 ha, ont déjà été signés. En contre-partie d'aides publiques octroyées par la Région et l'État, les propriétaires s'engagent à gérer durablement leur forêt en privilégiant l'irrégularisation des peuplements et la régénération naturelle et à recourir à des entreprises qui ont signé la charte Qualité Travaux Â» indique l'élue.

La nouvelle charte actuellement en cours de rédaction devrait amener les industriels autour de la table pour qu'ils s'engagent sur les phases d'exploitation, et de transport. A l'autre bout de la chaine de la filière bois, ces nouveaux acteurs dans le massif modifient en effet, par le volume de leur offre et la qualité des bois qu'ils demandent, l'équilibre jusqu'alors en place. « L'enjeu est face à nous. Comment allons-nous intégrer ce rythme industriel d'exploitation Â» interroge Anne-Catherine Loisier.

Un rythme industriel qui risque d'imposer sa loi sur l'ensemble de la filière et d'industrialiser jusqu'à la forêt elle même, en privilégiant exclusivement sa fonction économique au détriment de ses fonctions environnementales et sociales.
« C'est la pression des industriels sur les propriétaires qui emballe la machine Â» explique Anne-Catherine Loisier. Difficile parfois, en effet, de résister à une « belle offre Â» qui entrainera pourtant une coupe à blanc.
« Mais, tempère la vice-présidente du Parc, les industriels eux-mêmes n'ont pas intérêt à couper le blé en herbe. Si le massif était ruiné en peu de temps, ils ne pourraient pas pérenniser leur activité et les acteurs économiques sont conscients que l'adhésion du terrtioire est bon pour les affaires .»

L'équilibre feuillus résineux

La nature des essences transformées par ces unités, résineux et douglas en quasi exclusivité peut également entrainer une modification de l'équilibre feuillus résineux dans le forêt morvandelle.

Glacem Avenir de la Forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011Pourtant estime Lucienne Haese, « il faut arrêter de dire que sur tout le Morvan, la seule essence qui est économiquement rentable est le douglas. L'arbre pousse en fonction des stations, il y a des stations adpatées au douglas mais il y a toujours des stations adpatées au chêne, au hêtre, aux érables, merisers, etc.. Ce n'est pas le douglas qui est le problème, ajoute la co-gérante du Groupement Forestier pour la sauvegarde des feuillus en Morvan qui gère 170 hectares soustraits à l'appétit des investisseurs, c'est la sylviculture rattachée au douglas.
Dans le Morvan quand on parle douglas, c'est coupes à blanc et replantation de douglas. Avec le Groupement qui pratique la futaie irrégulière, pied par pied, nous démontrons que l'on peut faire une gestion économique et écologique en même temps, que ça fonctionne très bien Â».
.
« Si on continue à tout récolter par coupes rases, dans 30 ans il n'y aura plus de forêt. Il faut présever la forêt de cette exploitation industrielle, il faut reguler car pour l'instant c'est l'anarchie totale Â» conclut-elle.

Les pouvoirs des maires

Glacem Avenir de la forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011L' intensification de la production va nécessairement s'accompagner aussi d'une intensification des transports avec les risques qu'ils génèrent.
« Faudra-t-il attendre une catastrophe pour s'en préoccuper Â» interroge le secrétaire du Glacem Claude Lemel.
Les communes s'inquiètent des coûts engendrés par les dégradations des routes. «L'an dernier la commune de Gien-sur-Cure a dépensé 30.000 €, le quart de notre budget pour réparer les routes Â» indique l'adjoint au maire Laurent Cottin qui déplore les dépassement des poids autorisés de chargement.
Outre l'action des forces de gendarmerie pour verbaliser les contrevenants, la solution adoptée par la scierie de Sougy pour limiter les surtonnages est peut-être la bonne: elle ne les paie pas!

Les maires ont, eux, le pouvoir de faire constater les dégâts occasionnés par une exploitation.
Pas facile, car il faut se rendre sur place, établir des constats et aller éventuellement au procès, mais assez efficace: « Il y a vingt ans, nous avons fait un procès à un entrepreneur qui avait défoncé une route et depuis, sur le village les chemins sont respectés Â» témoigne Laurent Cottin.

Une brigade volante ?

Glacem Avenir de la forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011« Quand il y a des pratiques sylvicoles pas très respectueuses, est-ce qu'on pourrait pas imaginer une mutualisation des moyens de coercition au niveau du Parc, une brigade volante pour aider les communes ? Â» s'interroge Pierre Mathé à la suite de Pierre Léger.
Une solution qui faute d'être envisagée à l'échelle du Parc pourrait l'être à celle des Communautés de Communes.
Mais tous les intervenants le constatent, que ce soit pour le débardage ou le transport, les plus respectueuses sont les entreprises « du pays Â».

L'industrialisation, enfin, suscite l'inquiétude des petits scieurs. « Ils sont inquiets au niveau de l'approvisionnement Â» indique Pierre Mathé, vice-président de l'Association des Artisans bois du Morvan. Ils travaillent traditionnellement des gros bois et ils craignent de ne plus en trouver Â» déplore-t-il : «En effet, une entreprise artisantale apportera beaucoup plus de plus value au mètre cube de bois sur le territoire Â».

L'image du Parc

Glacem Avenir de la forêt du Morvan Saulieu 20.09.2011« Quand ils se mobilisent, les habitants peuvent faire quelque chose Â» conclut sur le sujet Claude Lemmel, secrétaire du Glacem, en évoquant les actions de Villiers-en-Morvan et du Groupement de Défense des Feuillus ainsi qu'une initiative à Brassy où les habitants se réunissent en association pour produire du bois de chauffage.
« Sur le plan des habitants quand il y a la volonté, il y a moyen de faire des choses ajoute-t-il. Sur le plan communal aussi, les maires ont un certain pouvoir. Il y a un troisième moyen d'action, beaucoup plus politique: une part importante de la forêt est controlée par l'État, à travers l'ONF ou à travers la Caisse des Dépots et Consignations, là ce sont des choix de politique nationale et là chacun est libre de voter en fonction des politiques.»

Pour sa part, offusqué par l'attitude d'acheteurs, exposée par Xavier de Mauroy, qui voulaient payer moins cher des chênes simplement parce que qu'il « Ã©taient du Morvan Â» sans même observer leurs qualités, le président du Glacem Pierre Léger a lancé un appel au Parc qu'il « défende vivement l'image du Morvan Â». « Si on veut avancer, on avancera ensemble, les élus, les associations et les communes et il ne faut pas que le Parc de départisse de sa capacité d'image, il faut que cette image on la défende tous ensemble Â».

Voir les autres articles consacrés au sujet:

L'avenir de la forêt morvandelle: fortes paroles à Étang-sur-Arroux (reportage vidéo)

L'avenir de la forêt morvandelle: le douglas, " roi du Morvan " à Quarré-les-Tombes

L'avenir de la forêt morvandelle: premier débat réussi à Château-Chinon

Des comptes rendus complets seront publiés dans le numéro d'octobre du magazine du Glacem Vents du Morvan.
 

Commentaires  

 
0 #1 Payeur Martine 20-12-2011 10:01
Bonjour
Je cherche à joindre Mr Laurent Cottin au sujet de ses sapins de Noël qu'il produit de façon naturelle. Pour Noël 2012, nous aimerions pouvoir proposer des achats mutualisés aux abonnés de notre conciergerie d'entreprise, durable. merci de bien vouloir me donner ses coordonnées ou lui donner les miennes. Cordialement
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