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| La hêtraie morvandelle résistera-t-elle au réchauffement climatique? |
| Écrit par GdM |
| Mercredi, 07 Octobre 2009 19:23 |
Les Morvandiaux de 2100 n'auront-ils que des photographies pour s'imaginer les hêtraies que leurs aïeux considéraient depuis « toujours » comme les « plus belles forêts du monde »? Les experts estiment en effet que le hêtre, peu résistant à la sécheresse, pourrait être une des principales victimes du réchauffement climatique en cours.
Même s'il n'existe plus ici de forêt primaire (comme partout en Europe de l'ouest), le hêtre accompagne les « Morvandiaux » (et les Européens) depuis des millénaires. Il y a 12.000 ans, après la dernière glaciation qui l'avait contraint à se réfugier au sud du continent et dans les Blakans, dos à la mer, le hêtre a entrepris, avec le chêne, le tilleul, l'orme ou le noisetier, sa reconquête des territoires perdus. Et depuis 6000 ans il est là, fidèle compagnon de l'homme, offrant couvert, faînes, combustible et bois d'oeuvre. C'est pendant l'été que le hêtre fait ses réserves pour l'année suivante
Le scénario de réchauffement climatique sur lequel s'appuient les scientifiques qui tentent de prévoir l'avenir de la forêt française table sur une division par deux du rythme de la croissance des émissions de gaz à effet de serre (notamment le CO2: gaz carbonique). Scénario médian ( B2 du GIEC: Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) qui se traduirait par une augmentation de 2°C à 2,7°C de la température, venant s'ajouter à la hausse d'1°C constatée en France depuis 1900, et une pluviométrie ayant tendance à augmenter l'hiver mais à baisser l'été. Une aire de répartition fortement réduite
Le "hêtre-tortue" face au "lièvre-réchauffement"En fait, le hêtre a démarré une course de vitesse avec le réchauffement climatique. Course qu'il a malheureusement peu de chances de remporter: alors qu'une élevation de 1°C de la température équivaut à une « remontée » du Sud de 200 km et une baisse d'altitude de 100 à 200 m, le « hêtre-tortue » n'avance que de 1,5 à 2 km par siècle (en vitesse horizontale, sans tenir compte de l'altitude). Et les optimistes qui comptent sur ses capacités d'adaptation doivent en convenir: avec une génération par siècle, les arbres sont moins armés que les moustiques pour suivre le rythme annoncé du réchauffement. Nos hêtres vont-ils disparaître progressivement ou par vagues de dépérissement liées à des épisodes extrêmes (sécheresses, tempêtes) dont les scénarios prédisent la multiplication au point qu'ils ne pourront pas « récupérer » entre-deux? Si, pour la société qui s'en était fait, au cours des millénaires, un ami et parfois même un dieu, la quasi disparition annoncée du hêtre constituera un séisme culturel, pour les forestiers qui plantent aujourd'hui les forêts du XXIIe siècle, cette perspective pose des questions plus prosaïques: est-il encore raisonnable de planter des hêtres? Y-a-t-il une forme de sylviculture succeptible de contrer la fatalité? Quels peuplements prendront la place: chênes verts, pins d'Alep, cèdres? Pour plus d'informations sur ces recherches, visiter les sites suivants: futura-sciences.com donne carte blanche à Vincent Badeau: cliquer ici
Les Entretiens de Bibracte
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Depuis 2004, à l'initiative de Vincent Guichard, directeur du centre archéologique de Bibracte, et de Daniel Sirugue, animateur du Comité scientifique du Parc, le Parc naturel régional du Morvan et Bibracte organisent conjointement les «Entretiens de Bibracte».
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