Mardi, 17 Octobre 2017
Le Morvan : vos infos, vidéos, photos, annonces ...
Envoyez vos photos

Agenda

<<  Octobre 2017  >>
 Lu  Ma  Me  Je  Ve  Sa  Di 
        1
  2  3  4  5  6  7  8
  9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031     
Bicentenaire de la naissance de Jules Miot: un Autunois combattant de la liberté ignoré dans sa ville natale
Écrit par GdM   
Mardi, 04 Août 2009 16:39

Jules Miot. Photo conservée au Musée Nièpce de Chalon-sur-SaôneEffacé de la mémoire de sa ville natale. Ne cherchez pas, à Autun, une place, une rue, une allée ou même une impasse baptisée à son nom. Ni, dans le calendrier des manifestations organisées dans la sage cité des bords d'Arroux, une quelconque référence au bicentenaire de sa naissance qui interviendra le 13 septembre prochain. Pourtant, Jules Miot fut un farouche combattant pour les libertés en un siècle où l'on payait cher ce genre d' engagement. Le sien se solda par sept années de déportation, trois de prison et dix-huit d'exil.

C'est dans le Morvan nivernais voisin, à Moulins-Engilbert dont il a été le maire éphémère en 1848, qu'il faut se rendre pour retrouver trace de Jules Miot. La cité lui a consacré une avenue et c'est là qu'un érudit passionné d'histoire locale, Serge Bernard, travaille à l'édification de sa mémoire. C'est donc aux travaux de Serge Bernard que nous avons emprunté la plupart des renseignements de cette brève notice.
Il faut dire que le parcours de Jules Miot est de nature à effrayer une cité réputée bourgeoise. Passe encore l'engagement révolutionnaire de 1848, Lamartine est bien célébré à Mâcon, ou l'antibonapartisme, Victor Hugo demeure au panthéon de la Nation, mais pourquoi, diable, ce pharmacien, fils de pharmacien, «excellent praticien et bon père de famille », s'est-il retrouvé en 1871 à la direction de la Commune de Paris aux côtés des Louise Michel, Jules Valles, Gustave Courbet ou Félix Pyat? Surnommé « la plus belle barbe de la Commune » ou « le patriarche de la Commune », toujours prêt à abattre une colonne Vendome à l'âge où d'autres ne pensent plus qu'à cultiver leur jardin.

Jules Miot est né à Autun le 13 septembre 1809.
Jules est le fils de Claude Miot, pharmacien et de Marie Duchemin. La famille demeure Terrasse du Champ de Mars où l' officine s'ouvre à l'angle des actuelles rues du général Demetz et aux Cordiers dans un local remplacé depuis par un immeuble moderne qui abrite aujourd'hui une boutique de vêtements.
Claude Miot, Haut-Marnais de Langres, s'est installé dans la cité éduenne dans les dernières années du siècle révolutionnaire. Il y a rencontré sa future épouse, de douze ans sa cadette, originaire de Moulins-Engilbert. Il l'épouse en novembre 1808. Au milieu des années 1820, le couple Miot qui a désormais trois enfants, Jules l'aîné,  Amélie Madelaine née en 1811 et Jean-Baptiste né en 1812, quitte Autun pour retourner « chez Marie » à Moulins-Engilbert. C'est dans cette cité que Jules, après ses études, succède à son père.

Quarante-huitard

Jules est dévoré par la politique. Mais, contrairement à ses pairs, le jeune notable ne rejoint pas les partisans de la libérale Monarchie de Juillet qui compte dans la ville voisine de Château-Chinon l'une des personnalités les plus en vue du régime en la personne d'André Dupin, président de la Chambre des députés. Nostalgique de la Grande Révolution qui a balayé l'Ancien Régime quarante ans plus tôt mais dont les conquêtes ont été finalement reprises par la classe dirigeante, le jeune franc-maçon rêve d'une République sociale. Élu du conseil municipal en 1834, il défend « un système où tout appartiendra à tous le plus équitablement possible et où le salaire sera remplacé par l'association » (1) .

Jules Miot voit donc arriver avec ferveur la Révolution de 1848 à l'avènement de laquelle il a travaillé sous la surveillance des autorités préfectorales. Il est élu maire de Moulins-Engilbert puis député en 1849. Mais les élections législatives qui le portent à l'Assemblée consacrent dans le pays le Parti de l'Ordre qui portera Louis-Napoléon à la présidence de cette IIe République naissante. Et lorsque ce Bonaparte organise son Coup d'État, Jules Miot figure sur les listes des personnes à neutraliser. Il est arrêté à Paris au petit matin du 2 décembre 1851 puis déporté en Algérie à la redoute de Sebdou dans l'Oranais.

L'annonce du retour et de l'installation à Paris du pharmacien Jules Miot dans le journal L'Union Médicale en 1860Libéré par l'amnistie du 15 août 1859, Jules Miot ne revient pas dans le Morvan. C'est à Paris, rue de Rivoli qu'il rouvre une pharmacie. Et renoue avec l'activisme politique. Nullement abattu par ses sept années de déportation, Jules Miot reprend la lutte contre le régime impérial. Accusé d'être l'instigateur d' une société secrète ayant pour objectif d'enlever Napoléon III, il est à nouveau arrêté et condamné à trois années de prison pour complot en 1861.
Peine purgée il s'installe à Londres et adhère à l' Association Internationale des Travailleurs (Première Internationale) à l'origine des divers mouvements socialistes du XXe siècle.

Vieux jacobin nostalgique de 1793


A la chute du Second Empire, Jules Miot rentre à Paris où il est nommé maire du VIIIe arrondissement en novembre 1870. Le peuple de Paris, craignant d'être trahi par le gouvernement Thiers installé à Versailles proclame la Commune. Jules Miot est élu le 26 mars 1871 au Conseil de la Commune par le XIXe arrondissement et siège à la commission de l'Enseignement. Le 28 avril, le « vieux jacobin » nostalgique de 1793 propose la création du Comité de Salut public destiné à organiser la défense contre les Versaillais.
La Commune de Paris exerça son pouvoir durant deux mois, du 18 mars 1871 jusqu'à la « semaine sanglante », effroyable guerre civile au coeur de la capitale à l'issue de laquelle les troupes versaillaises, commandées, ironie de l'histoire, par un autre Autunois, le maréchal Patrice de Mac-Mahon, écrasèrent l'insurrection: 30 000 tués au combat ou fusillés dans Paris en ruine. La reprise en main par le gouvernement d'Adolphe Thiers s'accompagne d'une terrible répression: 38000 communards sont emprisonnés et 7000 autres déportés au bagne.

Jules Miot réussit à quitter Paris et se réfugie à Genève. Il est condamné à mort par contumace par le conseil de guerre le 11 septembre 1872. Il rentre en France après l'amnistie du 19 juin 1880. Mais il ne reverra pas le Morvan: c'est à Adamville (aujourd'hui Saint Maur des Fossés) qu'il décède le 9 mai 1883.
Jules Miot est enterré au Père Lachaise, 52e division.

Affiche conférence Serge BernardSerge Bernard donnera deux conférences accompagnées d'une exposition réalisée par Catherine Malmanche à Moulins-Engilbert et Château-Chinon. La date de la première, le 12 septembre, n'a pas été choisie au hasard: elle se situe entre la date de la naissance, le 13 et la date de la condamnation à mort, le 11.
Contacter Serge Bernard: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

(1) Voir l'article de Serge Bernard sur le site de l'Académie du Morvan: cliquer ici
Quelques sites consacré à La Commune de Paris: cliquer ici  ou là ou encore ici  

 

 

 

Lire la suite de ce portrait: Création d'une rue Jules Miot à Autun: les fantômes du passé n'effraient plus la cité éduenne

Jules MIOT a trouvé son chemin

 

Ajouter un Commentaire

Gens du Morvan favorise sur ses plateformes collaboratives les échanges et le partage entre les habitants du territoire avec la conviction que la possibilité ainsi ouverte à chacun de participer à l'information et aux débats est une source de richesse pour tous
Si, au delà de la liberté d'expression de toutes les opinions ou même de la polémique (que nous ne refusons pas dans les limites fixées par la loi), Gens du Morvan n'était pas compris comme un outil de dialogue favorisant le lien social mais comme un terrain vague où soufflerait un mauvais vent mettant à mal les personnes, nous aurions raté notre objectif.
Alors, du calme ! Continuez à poster vos commentaires et à envoyer vos articles, mais en n'oubliant pas que nous sommes ici entre Gens du Morvan.
Bon vent, bonnes gens !
PS: L'usage des pseudos étant une habitude du net nous l'acceptons volontiers. Toutefois nous nous réservons le droit de ne pas mettre en ligne les commentaires visant, par une relation évidente entre commentaire et pseudo adopté, à atteindre des personnes.


Code de sécurité
Rafraîchir


Gens du Morvan
est votre site | publiez vos infos - annonces - échanges de services - photos - événements | échangez via le Forum du Morvan

Copyright © 2009 Gens du Morvan - Tous droits réservés - Mentions légales - Nous contacter - Création PureConcept
escort eskisehir escort eryaman escort samsun escort bursa