L'association de défense de l'environnement SEVE en Morvan a organisé samedi 18 septembre un « Repas cochon » » à la Ferme des Levées à Echarnant en Côte d'Or. Compte rendu par le président Bernard Bailly qui détaille le fonctionnement de l'élevage bio conduit par Jacques VOLATIER et les nouvelles actions de l'Association qui, faute de voir avancer le dossier compostage des lisiers a décidé de relancer les procédures judiciaires.
150 cochons élevés en plein air sur 10 ha
Avec la mise en place du co-voiturage 34 personnes étaient présentes ! (pour une capacité de 30) SEVE a refusé beaucoup de monde ! Etaient notamment présents MM. Jacques LIORET 1er Adjoint de ville d'Autun, Bruno LAPETITE (de St Gervais en Vallière) et Patrick DUCZMAN (de Poisson près de Paray le Monial), tous les deux Présidents d'association de défense environnementale. Les participants ont pu découvrir un élevage de cochons sous la conduite de l'éleveur Jacques Volatier. A proximité du hameau d'Echarnant (près de Lusigny sur Ouche) 150 cochons sont élevés en plein air, en agriculture biologique, dans des grands parcs aménagés (10Ha). Après avoir acheté les bêtes en sevrage (qui possèdent toujours leur queue et leurs dents !), il les engraisse pendant douze mois, « contre quatre mois dans les porcheries industrielles et six mois pour le Label rouge ».
Un modèle de porcherie durable
Les animaux sont abattus à Beaune, après une croissance contrôlée et non poussée, garantissant une viande de grande qualité, semblable à celle que nous consommions il n'y a pas si longtemps ! Leur poids se situe entre 160 et 180 kg. Tous les cochons sont « transformés » à la ferme dans un laboratoire moderne. Le débouché principal est le marché de Dijon où l'éleveur écoule très facilement la plus grande partie (80%) de sa production au même prix que celui des bouchers de ville ! A son magasin de vente, on trouve toute la gamme des produits : viande fraîche, terrines, pâtés en croûte, jambon persillé, jambon à la moutarde à l'ancienne, tourtes et pâtés chauds, boudin, saucissons, grattons, attrots, pieds panés, etc. et des conserves. Le fonctionnement de cette activité génère sur place 3,5 vrais emplois! On est très loin du modèle de la porcherie industrielle sur caillebotis ! Pas de pollution. Des produits de très grande qualité. Des vraies créations d'emplois locaux. Des animaux qui vivent heureux, sans stress, dans un milieu naturel, en toute liberté. Une alimentation saine provenant exclusivement de sa ferme d'une superficie de 40 ha. Une relation directe avec le consommateur qui sait ce qu'il achète... C'est un modèle de porcherie durable parfaitement adaptée et adaptable au Morvan et à la Bourgogne qui voit ainsi son image de région gastronomique confortée ! un modèle qui fonctionne économiquement, écologiquement et socialement, en totale opposition au projet d'encochonnement que le lobby agro alimentaire, soutenu par la FNSEA et une grande majorité de politiques, dont les cochonneries de Reclesne et de St Gervais en Vallière sont les parfaits exemples...
Cette visite démontre bien que l'on peut élever des cochons sans subventions, en créant des emplois, en respectant l'environnement, tout en étant économiquement viable. Ce mode d'élevage est en opposition totale avec les cochonneries industrielles.La preuve que les porcheries durables fonctionnent.
L'intervention du président de SEVE
Avant de passer à table pour déguster un « repas cochon » arrosé d'un vin bio, le Président de SEVE a tenu à faire une déclaration particulièrement offensive ! Tout d'abord le président de SEVE a demandé aux services de l'Etat d'assumer pleinement leurs responsabilités pour assurer la protection des biens et des personnes. D'après lui il est dangereux, en 2010, à RECLESNE ou à SAINT GERVAIS EN VALLIERE, d'être un Président d'association de défense de l'environnement. En effet, Bernard Bailly indique que le Président de St Gervais fait l'objet de graves attaques, en particulier depuis l'annulation par le TA de Dijon du permis de construire de la cochonnerie.
Monsieur LAPETITE énumère alors la liste des « attaques » qu'il a subi depuis quelques mois : incendie de 90 stères de bois, destruction d'une vingtaine d'autres, crevaisons des pneus de sa voiture avec tentative d'incendie, menaces verbales...et le Trésorier de son association a trouvé les serrures de son habitation remplies de colle ! Le Président de SEVE rappelle que lui-même a été victime de 4 violations de propriété avec destruction de pancartes, de thuyas et de vols de matériel électrique....ainsi que d'une tentative d'écrasement par un tracteur. Il constate que les plaintes n'ont jamais eu de suite ! Comme pour l'instant à St Gervais ! Il n'y a pas que dans les quartiers difficiles que l'insécurité règne ! Mais de la nôtre, personne n'en parle !
SEVE n'est pas opposée à une solution de compostage du lisier
Et pourtant les associations prennent des initiatives, elles font des propositions pour essayer de trouver des solutions mais en vain .... Le lobby agro-alimentaire a une puissance énorme, la preuve : le mardi 14 septembre 2010 le Ministre annonce une nouvelle aide d'urgence de 330 millions d'euros, après le doublement des subventions destinées à la mise aux normes....Pour les usines à polluer on trouve de l'argent ! Le prix de vente du cochon industriel est toujours aussi bas (1,20 € le kg sur le marché au cadran breton pour un prix de revient d'environ 1,50 € !)
Jusqu'à quand les subventions combleront-elles les déficits avec nos impôts ?
Au cours de la dernière Assemblée Générale, SEVE avait décidé, qu'après la transformation de la cochonnerie sur caillebotis,- qui reste de loin la meilleure alternative à l'épandage du lisier-, elle accepterait sous certaines conditions, que le lisier soit composté avec des déchets verts et également les boues d'épandage de la STEP d'Autun (actuellement 4000 m3 de déchets verts sont compostés près de Chalon sur Saône donc transportés par camion à raison de 40€ la tonne !)
Pourquoi ne pas créer une station de compostage sur l'Autunois ? Avec les emplois qui vont avec !
Le compostage (déjà utilisé par l'EARL LAMARRE pour une partie du fumier bovin) présente au moins trois avantages : - Absence d'odeur à l'épandage - Risque extrêmement faible de lessivage (donc protection de l'eau) - Hygiénise le lisier par l'action de la chaleur dégagée Mais aussi des inconvénients : - Engendre des coûts d'investissement et de fonctionnement - N'améliore pas le bien être animal - N'améliore pas la qualité de la viande - Risque d'encourager la création d'autres cochonneries du même type et par là -même de relancer l'encochonnement de Bourgogne, que le travail des Associations a pour l'instant stoppé
Mais le compostage est une arlésienne et un véritable serpent de mer...
En effet Bernard Bailly rappelle : - que le compostage a été proposé dès la première demande d'autorisation en 2004 ! - qu'il a été mentionné par le Préfet de Saône et Loire dans son 1er arrêté en date du 21 juillet 05 (en page 5 : « la totalité des fumiers de l'élevage bovin seront compostés avec le maximum de lisier de porc conformément aux procédés définis par la réglementation en vigueur. » ). Ce qui n'a bien évidemment jamais été appliqué ni contrôlé par les services de l'État ! (en particulier la DSV qui a effectué les contrôles de fonctionnement de la porcherie.... ! ) - qu'il a été mentionnée dans le rapport du Commissaire Enquêteur du 3/12/2005 : «à partir d'une analyse poussée faite par la Chambre d'Agriculture indiquant même le coût d'investissement nécessaire ( 270.000€) » - qu'il a fait l'objet d'une lettre de Mr Gillot, suite à la visite du CRECOM (ferme expérimentale) en Bretagne. Datée du 15 octobre le Vice Président demandait à la Chambre d'Agriculture une étude sur le compostage pour les cochonneries de Reclesne et St Gervais. Depuis aucune nouvelle malgré nos relances.... - qu'enfin une réunion organisée par la CCA le 8 Juillet 2010 en présence de toutes les parties concernées, se concluait par une nouvelle demande d'étude du compostage du lisier produit par l'EALR Lamarre.
Le Président dénonce donc l'énergie, l'argent dépensé avec nos impôts, les gaspillages, l'hypocrisie !!! Le mépris affiché envers les Associations donc les Citoyens. « On nous balade ! » Pourtant, les faits confortent nos positions pratiquement tous les jours. Pourtant, la justice donne raison aux associations, exemples : - annulation de l'autorisation d'exploiter à RECLESNE, - annulation du permis de construire à St GERVAIS, - confirmation de la cour d'appel de LYON le 4 juin 2010 de la décision du 30 septembre 2008 du TA de Dijon, d'annuler l'arrêté préfectoral du 5 Juillet 2005 ! Rejetant par la même occasion la demande de l'EARL LAMARRE de mettre à la charge de SEVE la somme de 3 500 € !
Cette nouvelle décision de la justice administrative confirme : - d'une part que le premier projet était parfaitement inacceptable malgré les affirmations du lobby qui prétendait que le dossier était inattaquable ! - et d'autre part, elle conforte SEVE dans un nouveau recours, puisque le 2ème projet est sensiblement identique au premier même s'il est dilué dans un pavé de 500 pages et fait appel à des Cabinets privés qui sont plus à même de donner des conclusions allant dans le sens de l'intérêt du pétitionnaire.
Faute de dialogue SEVE de nouveau à l'offensive judiciaire !
Le Président annonce donc officiellement que SEVE va déposer avant la fin Septembre un recours sur le fond. Ce recours est en voie de finalisation. Il a pour objectif, entre autre, l'annulation de l'Arrêté préfectoral du 30 Avril 2010 qui autorise depuis cette date l'exploitation de la porcherie LAMARRE. Le Président annonce également, une autre bonne nouvelle : la pétition européenne, déposée le 7 Avril 2010 sur les conseils de Sandrine BELIER, Députée Européenne, vient d'être déclarée tout récemment recevable. La procédure va donc pouvoir se mettre en marche ! Pour conclure, le Président de SEVE indique que l'association reste particulièrement combative puisque le lobby neutralise toutes les tentatives de concertation qui permettraient à chacune des parties de mettre fin à des tensions inutiles, surtout dans une période de crise difficile pour Tous. Enfin, il espère que cette visite chez Jacques VOLATIER, Agriculteur Eleveur, mettra fin aux accusations faites par certains, qui prétendent que l'association est contre le monde agricole et qu'elle « empêche les gens de travailler ! » Ensuite Monsieur Jacques LIORET répond au Président de SEVE qu'il connaît parfaitement le dossier et qu'il soutient les propositions de SEVE ainsi que son action.
Les 34 participants dégustent alors un excellent repas: plateau de charcuterie, tourte chaude à la viande de porc, fromage blanc fermier à la crème, le tout arrosé de vin bio. A la fin du repas tout le monde s'est rendu au magasin de la ferme pour acheter de la vraie bonne viande de vrai cochon. Le Président de SEVE Bernard BAILLY
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