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Contribution au débat: A propos du dernier livre d'Arnaud Montebourg...
Écrit par Rémy Rebeyrotte   
Mardi, 14 Juin 2011 15:56
CONTRIBUTION AU DEBAT

A propos du dernier livre d'Arnaud Montebourg...

Le dernier livre d'Arnaud Montebourg est un concentré de démagogie et de populisme.

Rien ne nous est épargné en matière de lieux communs : la méchante mondialisation, les multinationales, aux mains de l'étranger, qui oppriment la classe ouvrière, l'Europe et son impuissance, les « fonctionnaires Â» de Bruxelles, la trahison des élites, elles aussi vendues aux intérêts extérieurs quand elles ne sont pas des « enfants de chÅ“ur Â», le péril jaune, le regret des économies nationales, l'impérieuse nécessité d'un retour au protectionnisme, ... et, pour ne pas demeurer en reste avec le Front National et les idéologies nationalistes du XXe siècle, un couplet sur l'attitude dangereuse de l'Allemagne d'aujourd'hui, notamment pour la France. Il ne manque plus que Super Dupont !


Il serait urgent de rappeler à Arnaud Montebourg que la mondialisation n'est pas un système, mais un changement d'échelle dans lequel l'homme est engagé depuis la nuit des temps, depuis qu'il cherche à occuper tout l'espace, d'Alexandre le Grand à Napoléon Ier, de Christophe Colomb à Paul Emile Victor, de Saint Augustin à Mc Luhan.

Elle a bon dos la mondialisation, source de tous les malheurs pour les uns, prétexte de toutes les dérives ultralibérales pour les autres.

Dans les deux cas, elle cache de grandes difficultés d'adaptation, soit parce qu'on refuse le changement, soit parce que l'on souhaite, à travers le changement, faire la peau au collectif, au profit des intérêts privés de quelques-uns. En aucun cas, la mondialisation ne doit être confondue avec l'ultralibéralisme. L'une est une donnée qui nous pousse à agir, l'autre est une idéologie qui détourne le mécanisme du marché et du libre échange à son profit.

Arnaud Montebourg devrait se réjouir que, dans son département, des entreprises, depuis des décennies, ont fait des efforts pour s'adapter au changement dans la division internationale du travail, comme elles se sont adaptées aux nouvelles technologies et aux nouvelles organisations. Ce sont elles aussi qui alimentent tout un ensemble de PMI-PME qui travaillent à leur côté au quotidien pour assurer le développement économique. A contrario, comment se portent aujourd'hui les entreprises, grandes ou petites, qui ont refusé le changement d'échelle ? La réponse est simple : elles ont pour la plupart disparu. Sur le bassin dont je suis l'Elu, l'essentiel des emplois privés est assuré aujourd'hui par des entreprises pleinement entrées dans la mondialisation des échanges : leurs fournisseurs et leurs clients sont depuis longtemps internationaux. Que ce soit pour Dim, pour Nexans, pour Gauthey Automatismes ou pour Tolix, autant d'entreprises qui tirent aujourd'hui notre économie locale. C'est le cas aussi sur les bassins proches de la Communauté Urbaine, du Chalonnais ou du Charollais.

Tolix, magnifique exemple d'une entreprise dont les anciens propriétaires considéraient qu'elle n'avait plus d'avenir, victime de la mondialisation, et qui, dans d'autres mains, ayant fait les adaptations nécessaires et retrouvé un dynamisme, exporte dans le monde entier.

A lire Arnaud Montebourg, on pourrait penser que les seuls pays exportateurs mondiaux seraient la Chine et l'Allemagne. Rappelons qu'en la matière, la France est le sixième exportateur au plan mondial, le premier pays en terme de destination des investissements à l'étranger en Europe, le troisième à l'échelle planétaire. Cela rend nettement plus compliqué un protectionnisme en économie ouverte, d'autant que le protectionnisme, pour paraphraser Michel Audiard, « c'est comme les gifles, ça peut fonctionner dans les deux sens Â».

Au détour d'une phrase, l'auteur nous rappelle à juste titre que depuis les années 70, et à l'exception d'une année, notre pays a créé plus d'emplois qu'il n'en a détruit, même si le chômage s'est accru, parce que, sur cette période – ce ne sera plus le cas -, la population active chaque année croissait plus vite que le nombre d'emplois créés. Mais surtout, nous vivons une formidable mutation au plan qualitatif. Ce ne sont plus les mêmes emplois, et notamment les emplois de transformation de la matière. Les emplois de l'industrie ont fortement reculé au profit des emplois tertiaires et tertiaro-industriels ; d'où les adaptations nécessaires et forcément difficiles en terme de formation et de qualification qui ont dû accompagner cette tertiarisation des emplois et des compétences. C'est cette mutation qui, malgré les difficultés, doit être plus que jamais engagée de manière volontaire, et ma conviction de socialiste, c'est que la puissance publique a un rôle de premier plan à jouer, doit encore mieux adapter les institutions et les systèmes de normes pour que cette mutation se fasse le mieux possible et le plus efficacement possible, pour que chacun ait ses chances et développe ses talents.

Oui, nous avons pris du retard parce que, plutôt que d'innover, que de former, que de remettre en cause les vieux schémas, nous avons préféré conserver nos rentes, nos prébendes, et nous cabrer face aux adaptations nécessaires. Or, l'industrie n'est plus ce qu'elle était, elle est de plus en plus portée dans le pays par des emplois tertiaires. Devons-nous le regretter et préférer les emplois pénibles d'hier ?

A lire l'auteur, il faudrait que nos grandes entreprises n'investissent plus à l'étranger, même en Allemagne ou en Espagne. Est-ce que la réciproque doit être vraie ? Et où irait dès lors l'économie de notre pays ?

Nous devons changer d'échelle et donc nos politiques, nos institutions, notre ensemble normatif doivent changer d'échelle. Et l'on peut donc se demander pourquoi, en 2005, ceux qui demandent, et légitimement, beaucoup à l'Europe ont voté contre la possibilité d'une constitution, c'est-à-dire d'une Europe politique, là où nous avons aujourd'hui une Europe de gestion. Comme la mondialisation, l'Europe doit être la nôtre et celle de nos enfants. L'Europe doit être l'Europe de la citoyenneté et donc de la Politique. Elle doit s'organiser au bénéfice du Monde et des Européens, pour peser au plan mondial comme d'autres zones de la planète s'organisent pour peser, en limitant la concurrence interne et en unissant les forces.

Je ne sais pas si Arnaud Montebourg est allé en Chine : j'y suis allé. Il ne faut pas laisser penser que l'Histoire serait arrêtée dans la « Chine éternelle d'aujourd'hui Â». Elle est aujourd'hui en pleine mutation et donc en pleine incertitude. Sa croissance actuelle n'est pas une croissance portée fortement par l'innovation, mais plus une croissance de masse négociée au plan politique. Oui, une classe moyenne chinoise est en train de naître et, oui, elle bousculera tôt ou tard l'histoire politique de la Chine, ouvrant de nouvelles perspectives pour la Démocratie et l'ensemble des échanges mondiaux.

Là encore, cette dynamique doit nous pousser à innover, à consacrer plus de moyens à la recherche et au développement. Parmi les pistes les plus avancées, il y a effectivement la nouvelle économie verte. C'est bien plus qu'un slogan et je pense que le plus mauvais service que l'on peut lui rendre, c'est de l'assimiler à un nouveau protectionnisme car il s'agit, en fait, d'un changement profond de société, porteur de nouveaux enjeux en terme de développement. Là où le productivisme, porté par l'individualisme à tout crin, cherche en permanence à adapter les ressources aux besoins, il s'agit ici de retrouver une dimension collective et d'adapter nos besoins aux ressources de la planète. Nous sommes bien loin d'un simple système normatif. Cette nouvelle société, dont il faut accélérer le développement, est, par définition même, inscrite dans la mondialisation puisque les besoins et les ressources sont planétaires : ce qui se passe au Japon, en Chine ou en Amérique Centrale nous concerne directement et nous pousse, selon la célèbre formule, « Ã  penser globalement et à agir localement Â». Ajuster nos besoins aux ressources, ce n'est pas se replier chacun sur sa zone, c'est choisir au plan mondial de ne pas produire n'importe comment pour satisfaire n'importe quel besoin ; c'est tenir compte des conditions et des coûts de la production, de tous les coûts, y compris les coûts environnementaux. En la matière, l'auteur a raison de nous rappeler qu'à travers l'Organisation Mondiale du Commerce, il existe des marges importantes de régulation de la production et des échanges mondiaux, mais qu'elles sont peu utilisées parce que la logique des Etats isolés ne permet pas de les mettre politiquement et concrètement en Å“uvre.

Souhaitons les uns et les autres que l'Europe puisse rapidement cesser d'être un nain politique pour qu'elle puisse peser bien davantage sur les enjeux mondiaux. Elle ne peut effectivement le faire sans un partenariat fort entre la France et l'Allemagne. Mais arrêtons de donner des leçons à nos amis allemands, eux qui, mieux que nous, se sont adaptés aux conditions de cette mondialisation sans coopération. Arrêtons d'en faire « la Chine de l'Europe Â», « le modèle égoïste Â», celui qui aurait refusé d'« indexer les salaires sur l'inflation Â». L'auteur veut sans doute dire sur la hausse des prix car l'inflation est toute autre : c'est une pathologie de nos économies qui conduit à la récession. Comment, dans une économie ouverte, pourrait-on voir constamment les prix des produits domestiques augmenter sans graves conséquences sur les échanges extérieurs, importation comme exportation ?

Nous, France, quels autres objectifs avons-nous poursuivi que les nôtres ? L'égoïsme ne serait-il pas « la chose au monde, hélas, la mieux partagée Â», pour parodier Descartes ? Simplement, n'avons-nous pas eu tort d'arbitrer récemment nos budgets en défaveur de la recherche, de la formation et de l'éducation ? N'avons-nous pas eu tort de renoncer à une industrie des biens d'équipement, ce qui complique notre propre croissance ? Balayons donc aussi devant notre porte. Effectivement, comme nous avons su le faire avec l'Euro, proposons à nos amis allemands un nouveau pacte économique européen qui doit forcément s'accompagner d'un nouvel élan politique pour l'Europe. Je pense que nos amis allemands y sont davantage prêts que nous le sommes : n'allons donc pas leur faire la morale, mais engageons un nouveau mouvement d'unité européenne, surmontons rapidement l'impasse de 2005.

Pour cela, il nous faut de nouveau des dirigeants politiques français et européens capables d'insuffler cette nouvelle étape, porteurs d'une vision ambitieuse de notre rôle actif dans la mondialisation, plutôt que des ultra-libéraux ou des spécialistes du front du refus et du repli.

Souhaitons simplement que ce livre soit l'un des derniers d'un responsable politique français ancré dans la culture et les mouvements d'idées des XIXe et XXe siècles.

Le 14 juin 2011
Rémy REBEYROTTE
Maire d'AUTUN
Conseiller Général

 

Commentaires  

 
+1 #14 BEGUIN 27-06-2011 15:53
ON NE PEUT QUE CONSTATER QUE L'INTERVENTION DE MrREBEYROTTE NE GENERE QUE DES COMMENTAIRES SOIT HAINEUX SOIT DIFFAMATOIRES ET PRESQUE TOUJOURS D'UN NIVEAU LAMENTABLE.
SOIT C'ETAIT VOULU ET DANS CE CAS IL N'ETAIT PAS NECESSAIRE D'EN FAIRE TANT.
SOIT, COMME JE L'IMAGINE, CE N'EST PAS LE BUT, ET LE NIVEAU DES COMMENTAIRES EN DIT LONG SUR L'INTERET DU TEXTE.
A MOINS QUE GENS DU MORVAN NE SOIT PAS LE BON ENDROIT.....
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-14 #13 Alex 19-06-2011 08:42
Bonjour tout le monde ! Je constate avec plaisir que mes commentaires excitent toujours autant mes détracteurs ... Pour moi, M. Montebourg est plus dans la com et dans le marketing que dans l'idéologie et la politique. En ce qui concerne le territoire autunois, M. Montebourg avait empêché la construction de la nouvelle caserne des pompiers, le Maire d'Autun s'est défendu "becs et ongles" pour que le projet aboutisse enfin ! résultat : M. Montebourg est venu soutenir le candidat Chermain aux cantonales, le roi de la polémigue longue durée et de l'inertie politique (ils ont perdu tous les deux, pour mémoire). Monsieur Montebourg n'est pas un gourou, et on n'attend pas d'un élu, qui appartient à la majorité départementale, qu'il dise amen à tout, jusqu'à abandonner les sapeurs-pompiers d'autun. Monsieur Rebeyrotte a réagi autrement, et celà me rassure et me convient parfaitement. Maintenant, chacun sa conscience, libre à vous d'insulter ou d'associer à mon prénom les sobriquets que vous voudrez, je ne rentrerai pas dans votre jeu : jamais je ne deviendrai un Goret du Morvan qui s'adressent aux Gens du Morvan
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+13 #12 Angevin 19-06-2011 07:45
Alex (angevindemesre ves) , commentaire incompréhensibl e , digne d'une personne aux abois .
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+8 #11 edouard 19-06-2011 01:11
Avec humour, mon imagination m'amène à vous deviner au milieu d'un élevage d'animaux du latin Porcus dans lequel tout est bon ;;malheureuseme nt vous faites exception à la règle mon petit Bernard...
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+17 #10 électronlibre 18-06-2011 20:18
La Majorité départementale qui se réjouissait il y a quelques semaines d'avoir gagner un siège supplémentaire , si je décripte bien les propos de Mr REBEYROTTE , vient de le perdre. En effet , avec de tels propos , Mr REBEYROTTE va certainement sièger sur les bancs de l'opposition !!!! bravo !!!
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-14 #9 angevindemesreves 18-06-2011 12:52
Angevin et les autres (Gallimardet,

Je pense que vous avez du mal à encaisser vos défaites, le référundum : désavoué par la population sur votre combat d'arrière garde, sur Autun Nord écrasé par une femme et un jeune, et vous la ramener encore, au moins le mérite de vos interventions consiste à faire rire ou inspirer la pitié. On pourrait croire que Mr Chermain qui veut la destruction de notre territoire pour son intérêt personnel, soutenu par BAUMEL ET MONTEBOURG, rien que ca serait encore maire délégué et élu conseiller général triomphant du référundum sur la défusion. désolé pour vous ce n'est pas le cas. Vous êtes frustré, allez un petit voyage en Corse groupé et tout ira mieux , biz
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+15 #8 Edouard 17-06-2011 18:45
(Si Monsieur MONTEBOURG est venu en adversaire à Autun, la logique c'est que Monsieur REBEYROTTE le traite comme tel)… Non mais n’importe quoi a Autun. (Mais au-delà de ça, il y a quelques aberrations dans livre de Monsieur MONTEBOURG, et c'est sans doute pour ça qu'il ne coûte que 2€50). Comme d’habitude rester à rien faire et salir les entrepreneurs, nous savons que votre logique est l’immobilisme et la ruine … ALEX c’est petit et petit. Remy n’arrive pas a la cheville de Mr Montebourg et en plus il est très mal entouré et conseillé, c’est catastrophique il suffit de regarder le comportement de nanard Dechaume.
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+14 #7 Angevin 17-06-2011 17:51
Alex ,je ne sais pas si le livre de Mr Montebourg à 2,5 euros est justifié , mais votre commentaire pour soutenir Mr Rebeyrotte ne vaut pas 1 centime .Retournez arpenter les rues d'Autun en cravate et évitez de défendre l'indéfendable .Au fait Françoise est militante PS ,donc votre équipe vous n'etes plus rien .
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-17 #6 Alex 17-06-2011 11:50
Monsieur MONTEBOURG a soutenu la candidature de Monsieur CHERMAIN en animant une réunion de campagne (cantonales Autun Nord)à la mairie-annexe qui sert, entre autres, aux réunions de la section PS de St Pan. Si Monsieur MONTEBOURG est venu en adversaire à Autun, la logique c'est que Monsieur REBEYROTTE le traite comme tel. C'est de bonne guerre. Mais au-delà de ça, il y a quelques aberrations dans livre de Monsieur MONTEBOURG, et c'est sans doute pour ça qu'il ne coûte que 2€50. L'objectif des primaires et éventuellement d'un portefeuille de garde des sceaux à Paris, ne peut pas justifier tout et n'importe quoi.Le post de Françoise m'a bien fait rire, je suis prêt à parier qu'il s'agit d'un militant ou sympathisant du PS.
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+16 #5 Edouard 16-06-2011 18:33
Mr Montebourg est dans une logique de rassemblement, de partage. Il est le symbole de l’avenir, responsable il est en faveur de nos belles valeurs.
La municipalité d’Autun me donne l’impression d’être désappointée (puisque vous plaidez la thèse de votre bien aimé).
Comment peut-on gérer une ville comme vous le faites ? En divisant vos citoyens, en humiliant certains.Vous voulez nous faire croire que vous défendez la grandeur de la république? En attendant Autun s'obscurcit à petit feu, certaines familles sont parties d’autres vont suivre, Autun sera un village triste et glauque. En deux mandats vous récolterez ce que vous avez semé.
Prenez donc acte du slogan de Mr Montbourg « plus on s'aime, plus on va loin, plus on est fort »
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