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Il y a 20 ans, le 4 avril 1995, François Mitterrand inaugurait les bâtiments du centre de recherche et du musée de Bibracte
Écrit par Bibracte / Administrateur   
Vendredi, 27 Mars 2015 17:44

Bibracte_Mitterrand_cortege_FM__Bibracte_A_MaillierLe 4 avril 1995, le Président Mitterrand inaugurait les bâtiments du centre de recherche et du musée de Bibracte.

Familier du mont Beuvray, François Mitterrand, chef de l'Etat depuis le 10 mai 1981, conserve un fort attachement pour ses terres nivernaises dont il est élu depuis 1946. Le mont Beuvray demeure un rendez-vous régulier, tantôt intimiste, tantôt solennel.

Au printemps 1995, bien qu'affaibli par la maladie, le président ponctue les derniers mois de son mandat de visites officielles, inaugurant plusieurs réalisations de l'ambitieux programme des « Grands travaux de l'Etat », initié en 1989.

Cinq jours après la Bibliothèque nationale de France, c'est au tour du Centre archéologique européen et du musée de Bibracte d'être inaugurés.

 

Bibracte_Mitterrand_cortege_2__Bibracte_A_MaillierLe 4 avril 1995, par une après-midi ensoleillée, le président de la République, accompagné de son épouse et de membres du gouvernement, rejoint deux cents personnalités morvandelles et bourguignonnes sur les flancs du mont Beuvray pour y saluer l'aboutissement d'un double chantier mené en quatre ans, parallèlement aux fouilles des vestiges de la ville fortifiée antique et à l'accueil des visiteurs.

 

 

 

 

 

Le président, suivi par Jacques Toubon, ministre de la Culture, et Jack Lang, son prédécesseur, initiateur du projet « Bibracte » en 1984, découvre d'abord les espaces du musée, guidé par l'équipe chargée de la coordination des fouilles, de la mise en valeur du site et des chantiers de construction.

 

Bibracte_D_Mitterrand_Falocci__Bibracte_A_Maillier

Le bâtiment, ouvert au public à partir de juillet 1995 et dont la muséographie sera achevée en 1996, est l'œuvre de l'architecte Pierre-Louis Faloci, qui reçoit pour cette réalisation l'Equerre d'argent.

Le programme architectural comprend aussi le centre de recherche et ses bâtiments annexes, à Glux-en-Glenne : l'ensemble représente l'aboutissement d'un programme d'investissement de 215 millions de francs (33 M€), pour près de 4500 m2 de bureaux, laboratoires, bibliothèque, espaces de lavage, de conservation et d'exposition...

Bibracte_Mitterrand_plaque__Bibracte_A_MaillierAprès avoir dévoilé la plaque d'inauguration du musée, c'est donc une autre plaque qui attend François Mitterrand : celle du centre de recherche, à 5 km du musée.

Bibracte_Mitterrand_cortege_1__Bibracte_A_MaillierLa visite s'achève par une signature dans le livre d'or et un détour par la cafétéria flambant neuve au milieu du bourg, pour s'attabler avec quelques proches (le Docteur Signé, maire de Château-Chinon, Hubert Martin, maire de Glux-en-Glenne, Marcel Corneloup, maire de St-Léger-sous-Beuvray, Jack Lang, Bernard Bardin, président du Conseil Général de la Nièvre, et Michel Colardelle, président de la société d'économie mixte du Mont Beuvray).

Bibracte_Mitterrand_Centre_Glux__Bibracte_A_Maillier

Faute de discours, c'est la presse de l'époque qui livre les rares paroles du président en ce 4 avril 1995 :
« C'est là que les chefs gaulois ont prêté serment de fidélité à Vercingétorix. On peut dire que c'est le premier signe de l'unité française et j'aime le symbole ».
(Agence France Presse, 4 avril 1995)

 

Quelques semaines plus tôt, François Mitterrand confiait à Franz-Olivier Giesbert, dans les colonnes du Figaro :

- LE PRÉSIDENT - Puisque nous parlons de Vercingétorix, il a quand même gagné quelque temps, bien que les peuples gaulois ne fussent pas en mesure de résister à la machine romaine. C'est à l'oppidum gaulois de Bibracte qu'a été tentée ce qu'on pourrait appeler la première forme de l'unité française. Faut-il parler d'unité française ? Les mots sont un peu forcés, mais c'est là que les chefs gaulois sont venus prêter serment de fidélité à Vercingétorix. Pour la première fois, des tribus, des provinces, représentées par leurs chefs, se sont senties solidaires les unes des autres.

- QUESTION - Vous pensez que l'embryon de la France est apparu ce jour-là ?

- LE PRÉSIDENT - Ce n'était pas la France, mais une première tentative d'unité. (Le Figaro, 13 mars 1995)


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Il faut remonter dix ans plus tôt, le 17 septembre 1985, pour trouver un témoignage plus fourni de la vision que le président de la République avait de Bibracte.
Tandis qu'il déclarait solennellement le site archéologique de Bibracte – Mont Beuvray « site national », il le décrivait en ces termes :

« Depuis près de quarante ans, je parcours tous ces chemins.
Ici même, mais avec moins de compagnons qu'aujourd'hui,
je suis souvent venu, à mon tour, imaginer, rêver ce que pourraient être Bibracte
et le mont Beuvray, rendus à notre histoire. Déjà, on pouvait le percevoir
le long des chemins creux,
entre les racines des hêtres.

À travers deux millénaires, certains de ces parcours sont restés identiques
– je veux parler de la nature – car l'œuvre des hommes devait subir des transformations que nous sommes en train d'étudier.
Le mont Beuvray, vous le voyez, ce paysage derrière moi, c'est celui de la Bourgogne, de la Saône-et-Loire. De l'autre côté, c'est le Nivernais.

Ce Morvan, dont je vous parle, certains d'entre vous savent qu'il ne m'est pas étranger.

(...) Ce site suggère des messages qu'il faut entendre. Bibracte a dû son opulence et sa force, pour une bonne part, aux échanges intenses entretenus : avant les Romains, puis entre les Eduens et les Romains, puis après Vercingétorix.
Au 18e siècle, des érudits bourguignons, tels le magistrat Le Gouz de Guerland
et l'Abbé Courtepée, porteur d'une fameuse histoire de la Bourgogne,
ont fait accepter cette idée novatrice d'apports successifs et étroitement imbriqués d'ancêtres finalement communs à l'histoire de cette région. Nous devons continuer à reconnaître comme tels les apports d'aujourd'hui.

(...) Bibracte fait partie de notre passé. Mais elle n'est pas tout notre passé.
Les Gaulois font partie de nos ancêtres.
Mais nous en avons bien d'autres.
Voyons donc ce qui nous rapproche, connaissons ce qui nous différencie,
à l'intérieur, comme à l'extérieur.
C'est cette réflexion qui me vient surtout à l'esprit, au moment où j'érige avec vous
Bibracte, site national, haut lieu de l'histoire de France.
C'est aussi une invitation à regarder cet horizon bien au-delà de ses limites.

Croyez-moi : il n'y a pas de simplification réductrice de la cohérence profonde
d'un pays comme le nôtre.
Ce que nous devons rechercher, ce sont les chemins de la cohésion nationale.
Tel est le sens profond de la République elle-même.
Telle est, du moins je le crois de toutes mes forces, la vocation de la France.


(Allocution de F. Mitterrand, Bibracte « site national », 17/09/1995.
Source : http://discours.vie-publique.fr)


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Autres extraits de l'allocution du 17 septembre 1985, lorsque F. Mitterrand déclare Bibracte site national :

« (...) À ces lointains habitants de Bibracte et de la région, nous devons une forme de respect pour ce qu'ils nous ont laissé. Nous leur devons l'observation attentive des vestiges qui subsistent d'eux-mêmes et de leurs activités. Un pays qui détruit les traces de son passé, fût-ce le plus ancien, détruit une part de son âme. Or, c'est là, vous le voyez, le point de convergence qui nous ramène au paysage, à l'âme d'un site, d'un pays, le nôtre.

(...) Le promeneur solitaire, celui qui a le temps de réfléchir et de voir, qui a gravi ces pentes et qui s'arrête devant cet horizon, limpide aujourd'hui, parfois noyé de brume, éprouve le sentiment de s'approcher de quelque mystère où les puissances de la terre commandent à l'homme son destin. Sommes-nous si loin de l'Histoire et de l'archéologie ? Je ne le crois pas.

Certes, si M. Le Ministre de la culture Jack Lang a souhaité qu'une entreprise archéologique exceptionnelle par son ampleur fut engagée ici – je crois que c'est la deuxième, en importance, après celle du Grand Louvre – c'est pour d'autres raisons.

Parce que Bibracte fut l'une des plus illustres cités de la Gaule, parce que la civilisation gauloise est l'une des périodes les plus mal connues de notre histoire, parce que les remarquables fouilles du siècle dernier avaient démontré la richesse et l'intérêt scientifique de ses vestiges, sans pouvoir aller beaucoup plus loin, faute de moyens. Le Mont Beuvray justifiait l'ouverture d'un grand chantier, libéré des contraintes, de l'urgence, avec des moyens d'une envergure suffisante pour en attendre des progrès significatifs, tout particulièrement sur le plan archéologique. Ainsi s'est lancée cette opération dont nous voyons aujourd'hui les prémices.

(...) J'exprime maintenant deux souhaits.
Le premier concerne précisément la France. C'est ici, ici même, je le dis pour tous ceux qui, très loin du Mont Beuvray nous entendent ou nous entendront.
C'est ici que fut joué le premier acte de notre histoire. Mais il existe d'autres lieux qui méritent que nous leur prêtions notre attention pour les sauvegarder, pour les mieux connaître, et pour restituer leur réalité.

Nous utiliserons à cet effet toutes les ressources de l'investigation scientifique. Il faut beaucoup mieux que cela encore : ces vestiges doivent devenir familiers, tout particulièrement aux jeunes, dont vous êtes ici les précurseurs. C'est-à-dire qu'aux recherches scientifiques doivent s'ajouter des présentations, des efforts pédagogiques qui fassent comprendre à chacun ce qui le relie à ces traces lointaines. J'en appelle donc, non seulement, aux scientifiques, aux conservateurs de musées, aux enseignants, mais aussi aux aménageurs, aux responsables des collectivités territoriales.

Nous ne pouvons être nous-mêmes en reniant ou en ignorant - cela revient au même - ce qui nous a précédés. Puissions-nous retrouver, dans le respect du passé, notre identité, les structures et les formes qui nous ramèneront à ce qui fait l'essentiel du pays d'aujourd'hui.

- Mon second souhait s'adresse à la communauté internationale.
Quand nous avons entamé entre Français cette expérience du Beuvray, les spécialistes d'autres pays, au premier chef européens, ont répondu à notre appel en ajoutant leur expérience à la nôtre, en confrontant leurs méthodes et leurs résultats, en discutant avec nous de la présentation et des animations.

Eh bien, j'aimerais que, sous peu, les équipes étrangères, viennent s'associer à nous dans un esprit commun d'entreprise. (http://discours.vie-publique.fr)

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Bibracte depuis 1995

Bibracte est le nom de la ville fortifiée gauloise conservée sous la forêt du mont Beuvray, l'un des sommets du Morvan, au cœur de la Bourgogne.

À l'intérieur d'un double rempart, sur 200 ha, les quartiers de Bibracte sont explorés par les archéologues chaque année depuis 1984.

Construit sur les pentes du mont Beuvray, le musée est à la fois la porte d'entrée du site, la vitrine des recherches sur Bibracte et sur d'autres sites européens des IIe‐Ier siècles avant notre ère et un lieu culturel ouvert.

La Société d'économie mixte nationale du Mont Beuvray créée en 1990 devient en 2007 un établissement public de coopération culturelle (EPCC) dont les membres sont l'Etat, le Conseil Régional, les Conseils généraux de Saône-et-Loire et de la Nièvre, le Parc naturel régional du Morvan, le CNRS, le Centre des Monuments nationaux.

Depuis 1995, l'équipe de Bibracte, composée d'une trentaine de personnes, coordonne jusqu'à 12 chantiers archéologiques par an, menés par des équipes issues d'universités françaises, italiennes, espagnoles, britanniques, irlandaises, belges, suisses, hongroises, allemandes, slovènes, tchèques, autrichiennes, polonaises...

Elle coordonne les programmes de recherche, archive la documentation, conserve, gère et expose le mobilier, protège et met en valeur les vestiges, entretient la forêt.

Le centre de recherche est agrandi en 2012 pour créer de nouveaux espaces de conservation, mutualisés avec d'autres acteurs de l'archéologie bourguignonne.
En 1995, les recherches sont animées par 100 chercheurs et 160 étudiants ; il sont 300 en 2015.

Sur le site, les vestiges se dévoilent peu à peu. Les 13 000 visiteurs accueillis annuellement dans les espaces muséographiques de préfiguration vont passer à 50 000 avec l'ouverture du musée. 20 ans plus tard, près de 800 000 visiteurs ont arpenté les galeries du musée, participé à un atelier pédagogique, suivi un guide, observé des objets provenant de Bibracte, d'Europe et parfois d'ailleurs, rencontré des archéologues, des scientifiques, des artistes...

À l'été 1995, l'équipe de Bibracte décrivait ainsi le nouveau musée :

« (...) le « musée de site » (...) a pour première fonction, en montrant aux visiteurs les objets découverts, de faire comprendre les techniques, les comportements, les goûts et éventuellement les croyances de la population de l'oppidum entre sa fondation au IIe siècle av. J.-C. et son abandon à l'époque augustéenne.

(...) Sa seconde fonction est de fournir une documentation complémentaire destinée à faciliter la compréhension du site : maquettes de fortifications, des bâtiments, des ateliers, dont l'aspect à la fois réaliste et moderne autorise, selon les interprétations des chercheurs, les restitutions les plus audacieuses dans la mesure où il ne peut y avoir de confusion entre original et reconstitution.

(...) Troisième intérêt du musée : faciliter par des classements thématiques et chronologiques, la compréhension d'une société qui, comme la nôtre, n'est ni homogène, ni intemporelle.
L'organisation thématique de la présentation permanente, conçue par un groupe d'experts coordonnés par Christian Goudineau et Gilbert Kaenel, est classique et conforme dans ses grandes lignes à l'échelonnement des vestiges rencontrés lors de la visite : la présentation du site et l'histoire des recherches, les fortifications, l'urbanisme et les techniques de construction, l'économie, la religion et les traditions funéraires, la guerre des Gaules et la romanisation enfin.

(...) Enfin, la dimension européenne de la civilisation celtique ne peut s'exprimer que dans le musée : comparaisons entre type de remparts et d'urbanisme, entre styles d'objets manufacturés, mise en évidence des circulations monétaires et commerciales, qu'ils témoignent de l'unité culturelle que forme la civilisation celtique ou au contraire de particularismes locaux. »
(Dossier « Le Centre archéologique européen », Archéologia, juillet-août 1995)

 

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